ANNECY - VENISE
- 27 mars 2017
- 3 min de lecture
Je quitte le confort annécien pour reprendre le chemin de l'aventure. Trois semaines déjà. Tartiflettes, fondues et pistes enneigées. Le triptyque savoyard par excellence. Il est temps de partir et de mettre un terme à cette surenchère fromagère.
Je vise Chamonix afin de passer en Italie via le tunnel du Mont-Blanc. A cette saison, les cols transalpins sont encore fermés à cause de l'enneigement. L’hiver m'épargne des montées à plus de 2000 mètres d'altitude. Merci l'hiver. Sur la route je suis hébergé chez Camille et Ludovic, adorable couple qui me conte ses aventures à vélo et autres. Le lendemain, je monte vers Chamonix sous un soleil radieux.
La cité est haute perchée, mais aucun nuage ne vient gâcher le spectacle du Mont-Blanc qui s'offre à moi tout au long de la montée. Je ne le quitte pas des yeux. Il est splendide. Je comprends ces touristes du monde entier qui viennent séjourner à son pied. J'adorerais en faire l'ascension. Un jour. Mes jambes ont déjà bien trop à faire pour le moment. A Chamonix, je loge chez André, féru de montagne et de vélo, amoureux de la vallée, dont il a pu observer la transformation au cours des dernières décennies. Fonte des glaciers, fortes concentrations de particules fines dans l'air... Nous partageons mon dernier repas français : pâtes fraiches. J'ai déjà un pied en Italie.
Le lendemain, je glisse mon vélo dans la soute d'un bus au milieu des nombreux skis en partance pour les pistes italiennes. Trente minutes plus tard, je descends à Courmayeur, le Mont-Blanc dans le dos. Son versant italien est bien plus impressionnant. J'entame la longue descente du Val d'Aoste, éblouis par les paysages qui m'entourent. 90km dans la journée. Sans pédaler une bonne partie du parcours. C'est que du bonheur la montagne quand ça descend ! Le soir, pour clore cette belle étape, je trouve un camping ouvert. Le dernier de mon séjour en Italie. La responsable des lieux me prend en pitié et me propose de dormir dans une caravane plutôt que de monter ma tente. La meilleure des manières de finir cette première journée italienne. Malheureusement, les jours suivants n'auront pas la même saveur.
Je choisis de mettre le cap plus au sud afin de profiter du peu de relief de la vallée du Pô dans ma traversée italienne. Cette stratégie me permettra en effet d'avancer à bonne allure (une moyenne de cent kilomètres par étape pendant cinq jours). Revers de la médaille, les paysages que je traverse sont d'une incroyable monotonie et d'une esthétique douteuse : champs d'agriculture intensive à perte de vue, une centrale nucléaire par ci, une raffinerie par là... Bref, le panorama laisse à désirer. J'en arrive même à compter les cadavres d'animaux fauchés par les voitures pour tromper l'ennui. Sans succès. Je traverse tout de même quelques jolies villes : Pavie, Crémone ...
J'arrive avec un certain soulagement à Venise où je m'octroie une pause d'une journée pour visiter la ville. C'est agréable de mettre les jambes au repos. Drôle de sensation que celle d'avoir les muscles des cuisses constamment tendus et fatigués. Venise est une ville magnifique, forcément. Couleurs flamboyantes, canaux dans tous les sens, édifices majestueux... Telle que je l'avais imaginée. Rançon de cette beauté, les ruelles sont envahies de visiteurs, même au mois de mars. Ce n'est pas vraiment une surprise. Cet afflux de personnes tranche fortement avec le néant des jours derniers et une journée à sillonner la Cité des doges me suffit amplement.
Je reprends ma route vers la Slovénie, qui n'est plus très loin. Mon passage dans ce pays est très bref (moins de 48 heures) mais j'en garderai une bonne impression : les gens sont chaleureux et le territoire traversé très peu urbanisé. Je n'ai aucun mal à trouver un coin de verdure pour planter ma tente. Je m'apprête maintenant à passer du côté croate pour de nouvelles aventures, plus riches en splendides panoramas, je n'en doute pas.

Sur la route de Chamonix ,

les gondoles à ...

Venise ,

La campagne de Slovénie

Commentaires